𝐃𝐢𝐛𝐨𝐦𝐛𝐚𝐫𝐢 (𝐈). 𝐄𝐦𝐞𝐫𝐠𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐚𝐝𝐦𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐚𝐭𝐢𝐯𝐞 𝐞𝐭 𝐭𝐫𝐚𝐧𝐬𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐭𝐞𝐫𝐫𝐢𝐭𝐨𝐫𝐢𝐚𝐥𝐞𝐬
Dibombari (dans le département du Moungo, région du Littoral) a été le théâtre d'une violence inouïe (mais effacée des radars mémoriels camerounais) des Allemands que je documenterai en librairie dans mon livre sur les Doualas (et apparentés).
Dibombari a été créée comme entité administrative par la loi n°1489 du 11 novembre 1955, sous la colonisation française, en vue de consolider l’administration de plusieurs villages déjà structurés socialement dans la région.
Selon des documents d’aménagement et de planification (plans communaux de développement et publications du Bureau central des recensements), la commune s’étend sur plus de 1500 km² et regroupe 38 villages, preuve qu’elle n’est pas un centre urbain créé ex nihilo mais le résultat d’une longue évolution territoriale.
Avant 1955, sous l’administration allemande (fin XIXᵉ-début XXᵉ siècle), la région faisait déjà l’objet d’interventions économiques. Des populations locales, notamment des Pongos et des Abos, furent affectées par la mise en place de plantations de palmier à huile pour répondre à la demande du marché international. Cette phase marque l’introduction d’un modèle de production planétaire qui allait transformer profondément les structures rurales et les relations foncières dans l’espace aujourd’hui appelé Dibombari.
L’un des héritages directs de cette période est la structure des chefferies traditionnelles dans l’arrondissement. La reconnaissance officielle de ces chefferies dans les répertoires étatiques renvoie à des dynamiques politiques PRÉCOLONIALES prolongées, où l’autorité coutumière continue de jouer un rôle dans la gestion sociale et foncière des villages (𝑣𝑜𝑖𝑟 𝐷𝑖𝑏𝑜𝑚𝑏𝑎𝑟𝑖 (𝐼𝐼), 𝑎̀ 𝑠𝑢𝑖𝑣𝑟𝑒).
Békoko est l'un des villages souvent mentionnés dans les atlas ethnographiques et les dictionnaires de villages (produits notamment par le centre ORSTOM de Yaoundé). Békoko figure comme une localité de la commune avec une population identifiée dès 1967, ce qui montre la continuité des peuplements traditionnels BIEN AVANT l’indépendance du Cameroun.
De ce que l'on comprend, à Dibombari, les plantations de palme à huile ont été facteur de réarrangement social entre 1900 et 1950. En effet, l’historiographie coloniale et les archives administratives font apparaître qu’avant la structuration moderne de l’arrondissement de Dibombari, des mouvements de populations forcés ou incentivés ont eu lieu dans le cadre de l’exploitation des terres pour les plantations de palmier à huile. Sous colonisation allemande, les autorités coloniales ont favorisé et organisé l’installation de ces cultures dans la région, entraînant des déplacements internes de communautés Pongos et Abos, ce qui a contribué à redéfinir l’occupation du sol et les formes de gouvernance locales.
Il est dit que ce processus n’est pas anecdotique car il illustre une phase de transformation structurelle du territoire : de zones rurales éclatées à une unité administrative rurale intégrée dans l’appareil colonial, puis post‑colonial.
Les plantations de palmier ont servi à l’époque de pivot économique, mais aussi de moteur de changement social, entraînant à la fois migrations de travail, réorganisation des points de peuplement et pressions nouvelles sur les systèmes fonciers traditionnels.
1er janvier 2026